Lancé en octobre 2014, l’étude sur l’état du service public au Togo conduite par l’Ecole Nationale d’Administration, sous la supervision du Ministère de la Fonction Publique, du Travail et de la Réforme administrative, a abouti à un rapport final. Le rapport final qui fait l’état des lieux des connaissances sur la façon dont les services publics sont organisés, structurés et gérés pour fournir des services essentiels et contribuer à l’épanouissement des citoyens, usagers et bénéficiaires des services publics, a été validé ce 30 juin 2015 à Lomé lors d’un atelier national auquel ont pris part des représentants des institutions de la République, des ministères et des partenaires techniques et financiers.
A travers une méthodologie d’étude et d’enquête sur le terrain, basée sur un processus systématique de recherche, de validation, d’exploitation et d’analyse de l’information, le consultant et les équipes d’agents enquêteurs et superviseurs ont recueilli les perceptions des populations sur les services publics dans divers secteurs notamment l’administration publique, la santé, l’éducation, l’eau, l’électricité, le téléphone, les documents administratifs et la protection civile. Des défis s’imposent dans ces secteurs et l’étude a proposé des recommandations.
« On retient essentiellement 2 grandes thématiques : la gestion des ressources humaines et le cadre organisant ces structures. Entre la définition des stratégies et la réalité du terrain, il ya un écart. Les services sont délivrés mais les usagers ne semblent pas satisfaits. Au niveau de la gestion des ressources humaines, l’étude nous révèle une démotivation de plus en plus grande, par ceux qui sont chargées de délivrer les services publics. La motivation est liée en fait au traitement et l’autre aspect qui vient décourager, c’est le matériel qui est mis à leur disposition pour faire ce travail. Ce que nous avons demandé, c’est ce qu’il faut faire pour que les agents soient motivés, revalorisation des rémunérations et améliorations des conditions techniques de travail, l’équipement des services. L’autre aspect, c’est qu’il n’y a pas un plan national de renforcement de capacités », a expliqué le Consultant, Docteur KONLANI Nayondjoa Christophe.

Le Directeur de l’Ecole Nationale d’Administration, Président du comité de coordination du Projet SOPSA, Monsieur Kokou Dzifa ADJEODA a insisté pour sa part sur les défis de la réhabilitation et la crédibilité du service public. « L’étude va permettre de se fixer par rapport aux mesures à prendre. Il urge de concevoir au niveau de chaque département ministériel une feuille de route qui définit de manière précise les objectifs à atteindre en matière de délivrance du service public de qualité. L’adaptation des cadres juridiques et réglementaires aux nouveaux environnements de travail, notamment la poursuite du réaménagement des textes pour les rendre plus conformes au temps, la motivation des personnels des services publics de manière à les maintenir à leur poste de travail, l’éducation au respect, à l’écoute et à l’accompagnement de l’usager constituent des impératifs majeurs », a-t-il souligné.
Ouvrant les travaux de l’atelier, le Directeur de Cabinet, Monsieur Kossi Kasségnin DONKO, représentant le Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Réforme administrative, a jugé nécessaire et opportune cette étude sur l’état du service public en Afrique et au Togo. « Pour assoir de bonnes stratégies et politiques afin d’améliorer le service public, il fallait faire l’état des lieux au niveau des pays africains », a-t-il précisé.
L’étude sur l’état du service public est un projet dénommé SOPSA et initié à travers la Conférence des ministres africains chargés de la fonction publique et inscrit dans le cadre des actions de mise en œuvre de l’agenda 2063 par lequel l’Union Africaine et ses Etats membres dont le Togo sont engagés à réaliser une transformation socio-économique positive.







